Une question ?

Présidence d'honneur Guy Delcourt

Chaque année, le Parcours des mondes met à l'honneur une personnalité du monde de l'art tribal qui oeuvre pour la diffusion des arts extra-européens.

Qui est Guy Delcourt ?

Guy Delcourt est le fondateur des éditions Delcourt en janvier 1986.

Suite au rachat, en 2011, des éditions Soleil (« Lanfeust de Troy »), le Groupe Delcourt devient le premier éditeur indépendant du marché francophone de la bande dessinée.

Investi dans le monde de l’art, Guy Delcourt est un collectionneur passionné d’œuvres originales de bande-dessinée, d’art brut et d’art premier.

Entretien avec Guy Delcourt

Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre avec les arts premiers ?

Je m’intéresse de longue date aux arts premiers. Cela remonte à la fin des années 80, quand j’habitais à deux pas du Musée des Arts Africains et Océaniens de la Porte Dorée, dont les collections m’ont émerveillé à de nombreuses reprises. C’est ensuite au musée Dapper que j’ai pu admirer des expositions extraordinaires consacrées à l’art luba, dogon, fang, etc. Cet intérêt à grandi au fil de mes voyages, à New York, Berlin ou Londres, mais je ne m’imaginais pas devenir collectionneur.
Sans doute étais-je intimidé par l’immense étendue de ce domaine et par la difficulté à faire des choix éclairés. il a fallu un heureux incident – une fuite d’eau ! - pour que je franchisse ce cap. Grâce à cette fuite, j’ai fait la connaissance de mon voisin, Alain Person. En entrant chez lui, j’ai découvert la multitude d’objets, de minéraux, de livres, qu’il avait collectés au cours de sa longue carrière d’archéologue et de chercheur. Avec une gentillesse extraordinaire, il m’a fait partager son immense culture et m’a accompagné dans la constitution de ma collection. Malheureusement, Alain est décédé en décembre 2019, à Djibouti, au cours d’une de ses missions qu’il aimait tant.

Vous parcourez depuis longtemps les galeries du Parcours des mondes, qu’en retirez-vous ?

Le Parcours des Mondes joue pour moi un rôle important. C’est là que j’ai acheté la première pièce de ma collection, un poteau Konso ! En tant qu’amateur, j’y puise une source vertigineuse de découvertes. Comme collectionneur, c’est un stimulant voire un excitant qui met à l’épreuve mon regard, mes envies, mes choix. C’est aussi un moment privilégié pour cheminer avec d’autres amoureux des arts premiers, avec qui j’ai eu la chance de tisser des liens. Et puis, j’y viens en voisin, ce qui me permet de multiplier les allers et venues : le Parcours est aussi une flânerie dans ce quartier magique du 6e arrondissement.

Que collectionnez-vous et quel est le lien selon vous entre la bande dessinée, qui est votre domaine professionnel, les arts extra-européens que vous collectionnez et l’art brut dont vous êtes un fervent amateur ?

J’ai commencé par collectionner certaines œuvres originales de bande dessinée, ce qui était naturel s’agissant du domaine pour lequel je me suis passionné dès l’adolescence et dont j’ai fait mon métier. Bien plus tard, je suis venu à l’art tribal, africain pour l’essentiel, puis à l’art brut. Cela s’est fait spontanément, sans que j’aie conscience de liens spécifiques entre ces trois champs.

À la réflexion, cependant, des points communs existent bien, à commencer par la difficulté à faire reconnaître la valeur artistique du travail des créateurs, considérés de prime abord comme des artisans, des faiseurs ou des faibles d’esprit, selon les cas.

Pourriez-vous nous parler d’une ou des pièces fortes de votre collection qui vous touchent particulièrement ?

Je pense d’abord à cette statue Senufo provenant de la collection Marceau Rivière, que j’ai achetée en juin 2019. Elle ne cesse de me fasciner par la force de ses lignes, notamment ce dos rectiligne qui semble tracé d’un seul geste,  et par la douceur des traits du visage. De plus, étant à l’étranger lors de la vente aux enchères, je me suis fait représenter par mon ami Alain, ce qui donne à cette acquisition une dimension émotionnelle particulière...

Je pourrais aussi citer cette figure de reliquaire Tsogho à l’expression stupéfiante, que j’ai acquise auprès de la fille d’un collectionneur devenu un ami,
ce magnifique masque Songye issu d’une ancienne collection belge, emporté aux enchères lors d’un trajet en Thalys, ou encore ce « tabouret qui marche » Dan, d’une modernité saisissante, dont il existe très peu d’autres exemples...

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Eléonore Théry

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The Art Newspaper Daily

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Marie Potard - Le Journal des Arts

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Susan Moore - Apollo